Bon, j’exagère un peu avec ce titre, mais quand même…
En fait, ce n’est pas l’outil en lui-même que je remets en question, mais l’utilisation qui en est faite.
Démonstration.

J’imagine que vous connaissez tous Twitter, ce site de micro-blogging.
On s’y inscrit pour dire ce qu’on est en train de faire, là, à l’instant, un peu à la manière de la fonction “status” de FaceBook.
Mon boss m’a suggéré de m’y inscrire parce que c’est un incontournable de l’aspect web 2.0-contributif-communautaire. Pourquoi pas.
Alors allons-y, je crée mon compte.
Je m’inscris sous mon vrai nom afin qu’on puisse m’y trouver facilement, mais je dois choisir un nom d’utilisateur… qui bien évidemment ne peut pas contenir d’espace (ça n’a l’air de rien, mais vous allez voir juste après pourquoi c’est ennuyeux). Je ne peux donc pas m’appeler “Julien Campagne”, alors à la place de l’espace ce sera donc avec… euh… un tiret ou un underscore ? Qu’est-ce que les gens tapent majoritairement en premier ?
Bon l’underscore, je trouve ça plus joli, je l’adopte.
Seconde étape : la recherche de personnes à suivre.
Et là ça commence à se gâter : visiblement, peu de gens ont créé leur nom d’utilisateur de manière à ce qu’on puisse les trouver facilement. Ça pullule de pseudos façon cibistes du début des années 80, ou de surnoms persos.
En procédant par rebond, c’est-à-dire en consultant les listes de followers des gens que je veux suivre, je trouve effectivement pas mal de gens qui m’intéressent. Cool, voilà une inscription qui va servir à quelque chose d’un point de vue professionnel, j’aurai pas passé autant de temps à faire ces recherches pour rien.
J’annonce : “douche froide”.
Je n’en reviens tout simplement pas. C’est le déferlement de réflexions dans mon feedback, un véritable tsunami, comme si tout le monde s’était mis en même temps à penser à voix haute. Et quand on pense à voix haute, on dit tout ce qu’on fait. Tout. Même ce qui n’intéresse personne.
Et moi, savoir que l’excellent Keith Peters (Chaos-101) est assis dans l’avion à côté d’un enfant qui pleure ou que Joshua Davis (ici) se beurre une tartine, franchement, je m’en tape le cul mais alors quelque chose de sévère.
J’aurais aimé pouvoir suivre l’évolution d’une réflexion, l’affinement d’un raisonnement, les tâtonnements d’une recherche, mais non. Pratiquement 95% de déchet. Ça fait beaucoup.
Du coup, je taille dans les branches, j’élague à tour de bras pour ne retenir que quelques personnes. A côté, la déforestation de la forêt amazonienne n’est qu’une blague.
Je mène une véritable opération de dépollution, pour ne retenir que trois types de profils :
Conclusion :
Ça vous viendrait à l’idée, à vous, de vous abonner à tous les journaux susceptibles de parler de près ou de loin des sujets qui vous touchent ?
Et bien Twitter c’est pareil. On en peut pas tout lire, tout retenir, et encore moins tout intégrer. Il s’agit donc de sélectionner l’essentiel. Du moins de miser sur les personnes auxquelles on croit. Et là, ça commence seulement à devenir intéressant.
Je parie qu’avec ce billet je vais me faire plein d’amis…